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Pourquoi avez-vous besoin d’une si grande armoire électrique ?

Oussama Ben JemiaOussama Ben JemiaPublié le 28 septembre 2026

Pour qui : Maîtres d’ouvrage qui préparent une construction ou une rénovation.

« Pourquoi l’armoire électrique est-elle aussi grande ? »

C’est une question que l’on entend régulièrement lorsqu’un projet évolue d’une installation électrique classique vers une installation intégrant de la domotique, de la GTB ou différents systèmes techniques.

Et la question est parfaitement légitime.

Pendant longtemps, le tableau électrique a été considéré comme un équipement que l’on cherche à réduire au maximum : quelques rangées, quelques protections, et tout doit rentrer dans un espace discret.

Mais lorsqu’on conçoit une installation électrique pour un bâtiment moderne, la taille de l’armoire devient une conséquence de l’architecture, pas simplement une question d’encombrement.

Une petite armoire n’est pas forcément une bonne armoire

Deux installations peuvent alimenter les mêmes équipements et pourtant nécessiter des tableaux très différents.

Pourquoi ?

Parce que le nombre de modules dépend de la manière dont les circuits sont organisés, protégés, distribués et préparés pour évoluer.

Prenons un exemple simple.

Sur une petite installation résidentielle, un tableau relativement compact peut suffire. À l’inverse, une villa fortement équipée ou un bâtiment tertiaire intégrant de nombreux circuits, des équipements d’automatisation, du HVAC, des interfaces de communication et des réserves pour les évolutions futures peut rapidement nécessiter plusieurs rangées supplémentaires.

Il n’existe évidemment pas de dimension universelle : le volume dépend du projet, des circuits, des équipements et des règles applicables.

Mais cela permet de comprendre une chose :

Ce n’est pas uniquement la domotique qui fait grossir le tableau. C’est l’ensemble de l’architecture technique.

L’automatisation ne remplit pas simplement l’armoire

C’est souvent la première surprise du client.

Une installation intégrant de la domotique ou de la GTB ne consiste pas simplement à ajouter quelques équipements intelligents.

Selon le projet, l’armoire peut intégrer :

  • les protections des différents circuits ;
  • les alimentations ;
  • les actionneurs ;
  • les interfaces et passerelles ;
  • les équipements de communication ;
  • les contacteurs ou relais ;
  • les équipements liés au HVAC ;
  • les interfaces DALI, Modbus, BACnet ou autres systèmes ;
  • et des réserves pour les évolutions futures.

Mais surtout, ces équipements doivent être organisés et accessibles.

Une armoire correctement conçue n’est pas une boîte dans laquelle on cherche à faire rentrer le maximum de modules.

Elle doit permettre de comprendre l’installation, d’intervenir dessus et de la faire évoluer.

Prenons une cuisine

C’est un exemple simple, mais révélateur.

Une cuisine peut regrouper plusieurs circuits : prises de courant, réfrigérateur, lave-vaisselle, four, plaque de cuisson, hotte, micro-ondes ou encore certains équipements spécifiques.

Selon la puissance des appareils, leur usage et la conception retenue, ces circuits peuvent nécessiter des protections et une organisation adaptées.

À cela peuvent s’ajouter les besoins du reste du logement : éclairage, prises des autres pièces, climatisation, chauffe-eau, portail, extérieur, équipements techniques ou système d’automatisation.

On comprend alors rapidement pourquoi vouloir faire tenir toute l’installation dans le plus petit tableau possible peut devenir une contrainte.

Le nombre de modules n’est pas une fin en soi. Il est la conséquence de la façon dont l’installation a été pensée.

Et la domotique ajoute une autre dimension

Dans une installation traditionnelle, l’armoire est principalement consacrée à la distribution et à la protection électrique.

Dans une installation automatisée, elle devient également un point de convergence pour une partie des fonctions de commande, de communication et de gestion technique.

Un actionneur peut commander plusieurs circuits. Une interface peut assurer la communication avec un autre système. Une passerelle peut relier différents équipements techniques.

Le tableau devient alors une partie de l’infrastructure technique du bâtiment.

Ce n’est plus simplement un tableau électrique.

C’est un point de convergence entre puissance, protection, automatisation et communication.

Mais pourquoi laisser de l’espace vide ?

C’est probablement l’une des notions les plus difficiles à faire accepter.

Une armoire remplie à 100 % donne l’impression d’avoir été parfaitement optimisée.

Pourtant :

L’espace vide n’est pas de l’espace perdu.

Imaginez qu’un client ajoute quelques années plus tard :

  • une borne de recharge ;
  • des panneaux photovoltaïques ;
  • une nouvelle climatisation ;
  • une extension du système d’automatisation ;
  • un système de gestion énergétique ;
  • ou simplement de nouveaux circuits.

Si aucune réserve n’a été prévue, une évolution relativement simple peut devenir une modification beaucoup plus importante.

Il faut alors trouver de la place, déplacer des équipements, ajouter un tableau ou reprendre une partie de l’installation.

Quelques modules laissés disponibles au départ peuvent donc éviter beaucoup plus de travail par la suite.

La réserve n’est pas du gaspillage. C’est une capacité d’évolution.

Et oui, cela a un coût

C’est une question qu’il faut également poser honnêtement.

Une armoire plus grande peut signifier davantage de matériel, plus d’espace, davantage de câblage et parfois plus de temps de réalisation.

Mais réduire la taille du tableau uniquement pour réduire le coût initial peut être une fausse économie.

Le coût réel d’une installation ne se limite pas au prix des équipements.

Il faut également considérer :

installation + mise en service + maintenance + évolutions + temps d’intervention.

Une armoire légèrement plus grande, correctement organisée et évolutive, peut donc coûter davantage au départ tout en réduisant les coûts futurs.

Le bon choix n’est pas nécessairement celui qui minimise le nombre de modules.

C’est celui qui optimise le coût global de l’installation.

Le problème commence souvent avant le tableau

Et c’est ici que le rôle de l’architecte et du bureau d’études devient essentiel.

Le tableau électrique ne devrait pas être une décision prise à la fin du projet :

« Il nous reste cet espace dans ce placard. Le tableau rentrera ici. »

Son emplacement devrait être anticipé dès la conception, en tenant compte de son accessibilité, de son environnement et des besoins futurs.

Dans une maison, cela peut conduire à privilégier un garage, une buanderie ou un local technique plutôt qu’un espace de vie ou un placard trop exigu.

Dans un bâtiment tertiaire, la réflexion peut aller jusqu’à prévoir un véritable local électrique ou technique permettant l’accès, la maintenance et l’évolution des équipements.

Le tableau doit avoir une place prévue pour lui, pas une place restante.

La réflexion devrait donc commencer beaucoup plus tôt :

besoins → usages → circuits → protections → automatisation → équipements techniques → emplacement → dimensionnement de l’armoire.

Parce que l’emplacement du tableau influence également son accessibilité, sa maintenance et les possibilités d’évolution.

Faut-il toujours une grande armoire ?

Non.

Et c’est important.

Plus grand ne signifie pas automatiquement mieux.

Une installation simple et bien conçue peut parfaitement avoir une armoire compacte.

Le problème apparaît lorsqu’on cherche à imposer une petite armoire avant même d’avoir défini les besoins et l’architecture.

Une villa, un appartement, un hôtel ou un bâtiment tertiaire n’auront évidemment pas les mêmes contraintes.

Et même deux bâtiments similaires peuvent nécessiter des tableaux différents selon leurs équipements, leur niveau d’automatisation et leurs perspectives d’évolution.

Une armoire électrique se dimensionne pour aujourd’hui, mais aussi pour demain

Au fond, la question n’est donc pas :

« Quelle est la plus petite armoire possible ? »

Mais :

« Quelle armoire correspond réellement aux besoins du bâtiment, à son architecture et à son évolution prévisible ? »

Une bonne armoire doit permettre de protéger correctement l’installation, d’organiser les équipements, d’intervenir facilement et de prévoir les évolutions raisonnablement prévisibles.

Une petite armoire n’est pas forcément une bonne armoire.

Et une grande armoire n’est pas forcément une meilleure armoire.

La bonne armoire est celle qui correspond au projet.

Chez ExaBuilding, nous considérons le tableau électrique comme une partie intégrante de l’architecture du Smart Building, et non comme un espace que l’on cherche simplement à remplir une fois le reste du projet terminé.

Parce qu’un bâtiment évolue.

Son infrastructure doit pouvoir évoluer avec lui.

Oussama Ben Jemia

Oussama Ben Jemia

Fondateur, ExaBuilding

Expert Smart Building et KNX avec plus de 10 ans d'expérience dans la conception, l'intégration et le pilotage de projets d'automatisation des bâtiments. Certifié KNX Tutor, Oussama Ben Jemia a participé à la réalisation de plus de 70 projets Smart Building et accompagné la formation de plus d'une centaine de professionnels. Il intervient aujourd'hui à travers ExaBuilding dans le conseil, l'intégration et la formation autour des technologies KNX et Smart Building.